Si cela peut aider les lecteurs du site, voici mon anamnèse ophtalmologique.
A la suite d'un examen psychotechnique dans le cadre d'examens d'admission à l'école de moniteur de conduite, une consultation chez un ophtalmo a décelé ce kératocône, confirmé par un autre ophtalmo. Ceci en 1996, alors qu'en 1990 ma vue était parfaite. Dès 1993 j'ai perçu un astigmatisme léger. C'est lorsque je roulais à moto avec des amis, qui me voyaient avancer jusqu'à 15 m pour lire un panneau de direction, que je me suis dis qu'il y avait un problème ! Confirmé par mon épouse, qui lors de notre voyage en Grande Bretagne (1996), arrivait à lire ces panneaux environ 100 m avant moi !
J'ai essayé des lentilles de type rigide (elles portent bien leur nom !), impossible de tenir plus de 6 heures avec, la vision certes était meilleure mais le confort : zéro. J'avais l'impression d'avoir du verre blindé sous les paupières. C'était même dangereux pour moi de les porter. Pour exemple, à l'entrée de Chalon sur Saône, je venais de doubler une dizaine de voiture avec ma moto, je fais 50 m et j'arrive dans un de ces grands giratoires que nous n'avons pas la joie de connaître chez nous (en Suisse ils en font à la taille idéale pour les nains de jardin !). Petit regard à gauche pour vérifier s'il n'y a personne et gaz. Gaz, oui mais lorsque j'ai reporté mon regard à droite une lentille, elle est restée à gauche. J'ai redressé la machine, freiné, jeter les gants au sol, ouvert la visière, juré un petit peu quand même et allé chercher cette lentille qui m'irritait l'oeil, tous cela avec 10 voitures qui m'arrivaient derrière en se demandant qu'est-ce que ce motard fabriquait arrêté devant eux après les avoir tous doublé (si tu connais la bd Joe Bar Team, c'est un peu le même topo !). Bref, j'ai rendu ces lentilles à l'opticien en l'assurant que j'avais plus d'inconvénients à les porter que d'avantages. C'était en avril 1997.
Depuis, j'ai dû me mettre à l'évidence que si je ne voulais pas avoir un chien comme guide à moto, il fallait se résoudre à porter des lentilles. Pour finir c'est un ami opticien de Besançon, en mars 1998, qui a réussi à me fabriquer des lentilles rigides au centre et souple en périphérie (13 mm de diamètre) afin de mieux adhérer sur la cornée qui d'après la topo cornéenne, ressemble au relief du parc régional des volcans d'Auvergne ! Depuis, marche, ski de rando, vélo, moto, volley-ball, sans problème, je les ai porté jusqu'à 18 heures en moyenne à l'époque où j'avais de longue distance à faire à moto et j'ai réussi à baisser à une moyenne de 13 heures à présent, mes yeux sentent aussi la différence.
Dans ce malheur, j'ai quand même eu la joie d'être réformé de l'armée suisse (on en fait jusqu'à 42 balais chez nous, armée de milice oblige) et amnistié pour les 100 jours qu'il me restait à faire, justement à cause de ce problème.
Au début, j'avais 0,4 à gauche et 0,5 à droite. Avec les lentilles actuelles j'arrive à 10 aux 2 yeux, le top quoi. Lorsque je les ai enlevées c'est comme Canal + sans le décodeur ! Soit, 0,1/0,2 aux 2 yeux !!!! Due entre autre à la cornée qui s'est fait ratatiner par le port de lentilles qui sans elles, que dalle.
Alors je prie afin que je supporte le mieux possible ces lentilles (faut pas en faire un plat quand même !) car si j'ai un pépin, je n'ai pas l'option lunettes et ça tu le sais aussi bien que moi. Mon ophtalmo m'a dit qu'en Suisse, c'est une personne sur 100.000 qui a ce problème-là soit à peine une centaine de personnes concernées par ce problème, qui en est bien un. Voilà pour mon histoire. (NDRL: 1/10.000 ? )
Tu parles de greffe de cornée dans ton site. Je pense que tu dois savoir que ces cornées proviennent de donneurs décédés, contrairement aux donneurs de moelle, de reins, de sang, de plaquettes. Donc la greffe dépend d'un donneur qui va décéder d'une défaillance cérébrale (en général accident ou problème cérébral s'étant aggravé comme un anévrisme d'une artère par exemple). Et la priorité dépend de l'urgence et de la position sur la liste du receveur/de la receveuse. Ayant travaillé 5 ans en milieu hospitalier, je connais un peu ce monde de la greffe. Ce n'est pas évident pour les 2 familles concernées, c'est un mélange de tristesse de voir un proche s'en aller et de joie en sachant que son décès permettra à 1, 2, 3 voir 5/6 personnes d'améliorer leur qualité de vie grâce à la greffe d'un nouvel organe. Un long débat...

André, Lausanne