Voici donc un petit compte rendu de l'intervention de lundi dernier :
Arrivée à 10h. On m'a donné un Xanax pour me décontracter et j'ai dû attendre deux heures. Puis on m'a mis sur un brancard et j'ai fait un petit tour jusqu' à la salle à côté de la salle d'opération. Là, je me suis préparé psychologiquement à la séance de torture : deux piqures dans les paupières par une infirmière sympathique qui m'a avoué avoir peur des aiguilles et du dentiste. Finalement, Elles ne m'ont pas fait mal, pas trop, et à ma grande surprise, je n'étais pas stressé. Super, le Xanax !
Ensuite, je suis passé dans la salle d'op où on ne rigolait plus. On m'a mis un champ opératoire sur le tête avec une fenêtre pour l'oeil droit. Je n'ai eu aucun mal à respirer puisque les infirmières avaient eu l'amabilité de poser un tuyau d'arrivée d'oxygène sous le linge bleu qu'on appelle champ opératoire. Remarque importante pour les gens claustrophobes : on voit de la lumière à travers si bien que ce n'est pas paniquant du tout. Je suis resté réveillé et relativement lucide pendant la demi-heure qu'a duré l'opération, assez lucide pour entendre des mots doux que le Pr M. a murmurés "scalpel demar (

)", "ciseaux". J'aurais préféré ne rien entendre...

J'ai même pu répondre aux questions que l'on me posait.
Sur un plan technique, le Pr M. a finalement décidé de ne pas faire une autogreffe conjonctivale (en raison du mauvais état de ma conjonctive) mais plutôt une greffe de membrane amniotique. Bon, c'est lui qui décide et je lui fais confiance.
Puis c'était fini ! Retour dans la chambre vers 15 heures où l'on m'a servi mon premier repas depuis la veille. Petite déception : j'avais beau demandé poliment, pas de champagne, ni Bordeaux, pas de homard non plus...
A 16h30 , on m'a mis dehors.
Le lendemain matin, la charmante infirmière que j'avais vue la veille m'a téléphoné pour
1. prendre de mes nouvelles
2. me poser des questions dans le cadre d'un contrôle de qualité. Pas mal, me suis-je dit.
Bilan du séjour : positif. Je n'ai pas eu mal, j'ai pu ressortir le jour même. Le pire, ce n'était ni le stress (vive M. Xanax !), ni la douleur (quasi inexistante) ; c'était le fait que je reste deux heures sur le brancard beaucoup moins confortable que mon lit sans pouvoir me gratter, les bras étant coincés par un tensiomètre et la perf. Ça ne paraît pas grand-chose mais je me gratte beaucoup (un des petits plaisirs dans le vie) et quand on ne peut pas se gratter, ça gratte encore plus.
Depuis, ça se remet doucement. Je suis très photophobe et je dois mettre une coquille sur l'oeil pour dormir, ce qui empêche que je m'endorme facilement, mais je n'ai pas mal. Hormis deux Efferalgan le soir même et un le lendemain matin, rien.
Bref, si vous devez être opéré, vous pouvez y aller les yeux fermés et le coeur léger. Ce n'est pas impressionnant. Je dis ça notamment pour Domy et Audrey, même s'il s'agit d'interventions différentes de la mienne.